Bien entendu, les musulmans ne doivent aucune allégeance à la Bible dans son ensemble, pas même au Nouveau Testament. Le Coran déclare que l’Injil (l’Évangile) a été révélé en tant que Parole de Dieu. Pourtant, dans un débat, un intervenant musulman a rapidement développé un autre argument : peu importe ce que peuvent dire les autres livres de la Bible, Jésus n’est pas Dieu dans les évangiles. C’est à ce moment-là que son antagoniste chrétien a amené l’assistance à considérer l’évangile de Jean.

Aucun doute n’est permis : Jésus est présenté comme Dieu dans cet évangile. Dès le début, Jean insiste sur son essence divine. Il affirme qu’il a toujours existé, et que tout a été créé par lui (Jean 1:1-3). Les trois premiers versets de l’évangile de Jean présentent Jésus comme Dieu, l’être éternel par qui l’univers a été créé. Le prologue de Jean se conclut en affirmant que Jésus est « Dieu le Fils unique, qui est dans l’intimité du Père » (1:18).

La suite de l’évangile de Jean foisonne de détails concernant la divinité du Christ. Jésus est digne de l’honneur qui doit être rendu à Dieu (5:23). Il demande au peuple d’avoir foi en lui comme ils ont foi en Dieu (14:1). Il proclame être celui qui rend le salut possible (5:21) et la manifestation de Dieu sur terre (14:18). Il est le roi d’un autre royaume (18:36-37) et il a le pouvoir sur toutes choses (3:35). Il affirme pouvoir accomplir tout ce qu’on demandera en son nom une fois qu’il sera parti, ce qui implique d’une certaine manière qu’il est omniscient, omnipotent et omniprésent (14:13 ; 3:13). De plus, il déclare à ses opposants qu’en dehors de lui, il n’y a point de salut (8:24), et qu’il existait de toute éternité avant Abraham (8:58). Dans les deux versets, il utilise le mot Yahvé, le nom de Dieu dans l’Ancien Testament, le « Je Suis », s’attribuant ainsi le nom par lequel Dieu se présente à Moïse dans le troisième chapitre de l’Exode. Certains considèrent que le point culminant de cet évangile est le passage où l’un des disciples, comprenant qui est Jésus, s’exclame : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui répond : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! » (20:28-29). Le point culminant de l’évangile de Jean est donc la proclamation de ce disciple qui affirme que Jésus est Dieu, et la réponse de Jésus qui loue et accepte cette affirmation. Du début à la fin de cet évangile, Jésus est identifié comme étant Dieu.

Cette déclaration est un électrochoc pour la sphère islamique. Si Jésus a effectivement assuré qu’il est Dieu, alors le Coran se trompe à son sujet, ce qui revient à dire que l’islam est faux. L’intervenant musulman ne pouvait pas faire de concession sur ce point, il a donc dû trouver une échappatoire.

Bart Ehrman, un intellectuel renommé souvent mentionné par les apologètes musulmans, remettait en cause le christianisme. Cependant, il reconnaît avoir changé de position après quelques recherches plus approfondies sur le sujet ! Voici ce qu’il a écrit sur son blog :

« L’évangile de Jean présente clairement Jésus comme Dieu… [Il nous rapporte] des paroles de Jésus telles que : « Avant qu’Abraham soit né, je suis » (au chapitre 8:58, il s’attribue le nom que Dieu a révélé à Moïse en Exode 3). Ses ennemis juifs savaient très bien ce qu’il était en train de dire : ils ont pris des pierres pour le lapider. Plus tard, il dit : « Le Père et moi, nous sommes un » (10:30). Là, de nouveau, les Juifs ont ramassé des pierres. Plus tard encore, il enseigne à ses disciples : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (14:9). Et dans une de ses prières, il demande à Dieu : « Maintenant, Père, révèle toi-même ma gloire auprès de toi en me donnant la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe » (17:5).

Jean présente indéniablement Jésus comme étant Dieu…