Accusée de contradiction

Les musulmans disent souvent que la Bible comporte de nombreuses contradictions. Le nombre de contradictions dépend de votre interlocuteur : Kairanvi’s Izhar-ul-Haq en dénombre 119, alors que d’autres tels que Shabir Ally prétendent en avoir trouvé 101. Le cœur du problème est le suivant : ils supposent qu’aucun livre religieux proclamant une autorité divine absolue ne doit contenir de contradiction, car il s’agit d’un message émanant d’un Être omniscient qui doit être cohérent avec lui-même.

Les musulmans citent le Coran (4:82) qui dit : « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! » (Traduction du Roi Fahd)

Une définition de la révélation

Afin de relever le défi, il est important que nous reconnaissions et comprenions bien quels sont le système de pensée et les présupposés qui sous-tendent leurs objections. Ils ont élevé le principe de non-contradiction au statut de critère absolu, et les êtres humains sont en droit de l’utiliser pour juger de l’authenticité de la parole de Dieu. Ce n’est pas une proposition à laquelle les chrétiens pourraient ou devraient consentir. Les chrétiens croient que les Écritures ne se contredisent pas. Ils ne peuvent cependant pas accepter que le principe de non-contradiction soit donné aux hommes comme un critère de jugement de la parole de Dieu. C’est pourtant ce critère que les musulmans font peser dans le débat sur le caractère révélé des Écritures.

Il s’agit d’une erreur que beaucoup d’entre nous commettent. Nous mesurons ce qui ne nous est pas familier avec un étalon qui l’est davantage. En l’occurrence, la Bible est mesurée avec l’étalon emprunté au Coran. Le livre des musulmans est supposé avoir été « envoyé vers le bas » (nazil ou tanzil) depuis le ciel, sans intervention humaine. Dans la mesure où ils voient toutes les Écritures comme une révélation « envoyée vers le bas », ils appliquent également ce principe à la Bible. Ils ont néanmoins tort de supposer que la Bible peut être mesurée selon les mêmes critères que ceux imposés au Coran.

La Bible n’est pas simplement un livre compilé par un seul homme comme l’est le Coran pour les musulmans. Il s’agit d’une compilation de 66 livres, écrits par plus de 40 auteurs, sur une période de plus de 1 500 ans ! Pour cette raison, les chrétiens ont toujours maintenu que la Bible entière porte l’empreinte de l’homme. Preuves en sont la variété des langues humaines utilisées, les divers styles d’écriture, les différences dans l’esprit et le tempérament des auteurs, ainsi que les allusions à des concepts scientifiques tels qu’ils étaient perçus à l’époque de leur rédaction et sans lesquels les Écritures n’auraient pas été comprises par leur public. Cela ne signifie pas, cependant, que la Bible ne fait pas autorité, car chacun des écrivains a reçu sa révélation par le moyen de l’inspiration divine.

Une définition de l’inspiration

Dans 2 Timothée 3:16, il nous est dit que toute Écriture est inspirée. Le mot utilisé pour « inspirée », theopneustos, signifie « soufflé par Dieu » et implique que ce qui a été écrit trouve son origine en Dieu lui-même. Dans 2 Pierre 1:21, nous lisons que les écrivains étaient « poussés » par Dieu. Ainsi, Dieu a utilisé chaque écrivain avec sa personnalité propre pour accomplir une œuvre faisant divinement autorité, car Dieu ne peut pas inspirer un message erroné.

La Bible revendique à plusieurs reprises qu’elle est inspirée : dans Luc 24:27,44, Jean 5:39 et Hébreux 10:7, Jésus affirme que ce qui était écrit à son propos dans l’Ancien Testament devait s’accomplir. Romains 3:2 et Hébreux 5:12 font référence à l’Ancien Testament comme étant la Parole de Dieu. Nous lisons dans 1 Corinthiens 2:13 : « Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit […]. » Cela concorde avec ce qui est dit dans le passage de 2 Timothée 3:16 évoqué précédemment. Dans 1 Thessaloniciens 2:13, Paul dit, en faisant référence à ce qu’il avait déjà écrit, « vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu ». Pierre parle de l’inspiration des écrits de Paul dans 2 Pierre 3:15-16, où il maintient que « notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses ». Plus tôt, dans 2 Pierre 1:21, Pierre écrit : « car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » Et pour finir, dans Apocalypse 22:18,19, l’écrivain Jean déclare au sujet du livre de l’Apocalypse : « Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie […]. »

Charles Wesley résume brillamment cette vision supérieure de l’inspiration lorsqu’il écrit : « La Bible doit être l’invention soit d’hommes bons ou d’anges, soit d’hommes mauvais ou de démons, soit de Dieu lui-même. Cependant, elle n’a pas été écrite par des hommes bons, car des hommes bons ne mentiraient pas en disant “Ainsi parle le Seigneur…”. Elle n’a pas été écrite par des hommes mauvais, car ils n’écriraient pas de pratiquer de bonnes œuvres tout en condamnant le péché, se condamnant ainsi eux-mêmes à l’enfer. Elle n’a donc pu être écrite que sous l’inspiration divine. » (McDowell 1990:178).

Comment Dieu inspire-t-il les écrivains ? Fait-il simplement vibrer leur cœur, les poussant à prendre de la hauteur pour explorer de nouveaux horizons ? C’est ce que nous voyons dans des ouvrages de Shakespeare, Milton, Homère ou Dickens, chefs d’œuvre de littérature humaine. Ou bien inspire-t-il un livre contenant une portion de sa parole, mais également des mythes, des erreurs et des légendes nés de l’esprit d’hommes finis et faillibles ? Ou les Écritures sont-elles la Parole infaillible de Dieu dans leur intégralité ? La question soulevée par les musulmans est la suivante : comment l’inspiration s’opère-t-elle ? Dieu a-t-il dicté sa parole mot pour mot, comme le revendique le Coran, ou a-t-il utilisé l’esprit et l’expérience des auteurs qu’il a inspirés ?

La réponse est simple : Dieu lui-même était toujours aux commandes lorsqu’ils écrivaient, si bien que la Bible n’est autre que « la parole de Dieu formulée par des hommes » (McDowell 1990:176). Cela signifie que Dieu a utilisé la culture et les conventions du milieu dans lequel vivait son homme de plume, un milieu que Dieu contrôle dans sa providence souveraine. Ainsi, il faut voir l’histoire comme de l’histoire, la poésie comme de la poésie, les hyperboles et les métaphores comme des hyperboles et métaphores, les généralisations et les approximations comme ce qu’elles sont, et ainsi de suite. Il est également important de prendre en compte les différences entre les conventions littéraires du temps de la Bible et celles qui s’appliquent aujourd’hui. Par exemple, les narrations non chronologiques et les citations imprécises étaient conventionnelles et acceptables à cette époque et n’allaient à l’encontre d’aucune convenance. Nous ne devons donc pas les considérer comme des fautes lorsque nous les trouvons chez des écrivains de la Bible. Si un auteur ne cherche pas à faire preuve d’une précision absolue et que les conventions ne l’exigent pas de lui, on ne peut lui reprocher son manque de précision. La Bible est inérrante, non pas dans le sens où elle respecterait la précision absolue exigée par les critères modernes, mais dans le sens où elle est cohérente dans ses affirmations et satisfait les critères de véracité auxquels prétendaient ses auteurs.

Les irrégularités grammaticales ou orthographiques constatées dans les Écritures, les descriptions de phénomènes surnaturels dans la nature, les énoncés erronés qui y sont rapportés (par exemple, les mensonges de Satan), ou les apparentes contradictions entre un passage et un autre ne démentent en rien la véracité des Écritures. Les « phénomènes » rencontrés dans les Écritures ne devraient pas être mis en opposition avec ce qu’elles enseignent à propos d’elles-mêmes. Les apparentes incohérences ne doivent pas être ignorées. Lorsqu’elles peuvent être expliquées de manière convaincante (comme nous avons tenté de le faire dans ce livre), notre foi n’en est que plus encouragée. Cependant, là où nous ne disposons pour le moment d’aucune solution concluante, nous voulons honorer Dieu et croire qu’en dépit des apparences, sa parole est vraie selon sa promesse. Un jour, ces apparentes contradictions se révéleront avoir été des leurres.

Ce n’est pas un espoir vain. Un siècle en arrière, il y avait une centaine de parties du corps humain dont la fonction n’était pas connue des médecins. C’était, pensait-on, la preuve de l’évolution : il devait s’agir d’organes devenus superflus. Cependant, grâce à la recherche assidue qui a été menée depuis, il ne reste aujourd’hui qu’un seul organe du corps qui semble être redondant. L’utilité de cet organe sera peut-être découverte avec le temps. Ce principe s’applique aussi à la Bible. Tant de « contradictions » ont été clarifiées grâce à une recherche plus approfondie et à une meilleure compréhension des Écritures. Si Shabir Ally avait vécu il y a un siècle ou même 25 ans plus tôt, sa liste aurait pu atteindre facilement les 1 001 contradictions. À mesure que l’on découvre de nouvelles données, le voile se lève sur les mystères de l’histoire. C’est pourquoi nous avons toutes les raisons de croire qu’au moment voulu par Dieu, les mystères restants seront élucidés de même.

Nous avons pleinement conscience que la révélation telle que la conçoivent les chrétiens n’est pas acceptable pour les musulmans. Elle semble s’opposer à leur propre croyance. Pourtant, en appliquant à la Bible le concept du nazil ou tanzil (« envoyé en bas ») tels qu’ils le revendiquent pour le Coran, les musulmans font preuve d’une certaine duplicité. Ils exigent du Nouveau Testament (Injil) une forme de révélation qu’ils n’attendent pas des révélations précédentes, la Torah (Taurat) et les Psaumes (Zabour), qu’ils considèrent comme divinement inspirées. Les musulmans croient que Moïse a écrit la Taurat et David le Zabour. Cependant, aucun des deux ne prétend avoir reçu sa révélation par le moyen d’une transmission nazil (« envoyé vers le bas »). Pourquoi alors l’exiger du Nouveau Testament, d’autant plus que le Nouveau Testament lui-même ne prétend nullement avoir été transmis de cette manière ?

La réponse réside peut-être dans une croyance sous-jacente. Le Coran est à leurs yeux la seule révélation qui ait été donnée sans aucune intervention humaine. Il est par conséquent l’énoncé le plus véritable et le plus clair de la parole d’Allah, supplantant et annulant toutes les révélations précédentes, supposées corrompues à cause des limites de leurs auteurs humains.

Force est de constater l’ironie de la situation. La révélation nazil du Coran ne vient que d’une seule source, l’homme auquel elle a supposément été révélée, Muhammad. Aucun témoin extérieur, soit antérieur, soit contemporain, ne vient néanmoins corroborer son témoignage. Il n’y a même aucun miracle qui puisse étayer ses revendications ni aucun document connu datant du siècle de la révélation supposée du Coran qui prouverait son existence (voir l’article sur l’historicité comparée du Coran et de la Bible).

En plus des difficultés historiques qui se posent au sujet des premiers Corans, nous sommes confrontés au problème suivant : d’après de nombreuses traditions musulmanes, plusieurs versions de codex coraniques étaient répandues lors de la recension othmanienne (compilation des sourates du Coran effectuée au milieu du septième siècle). Toutes celles qui différaient de la version d’Othman ont néanmoins été détruites. Personne ne peut donc savoir si le Coran d’aujourd’hui est celui qui a été révélé à l’origine.

Les chrétiens ont toujours maintenu que la Parole de Dieu, la Bible, a effectivement été écrite de la main des hommes, mais qu’ils étaient toujours inspirés par le Saint-Esprit lui-même (2 Pierre 1:20-21). C’est ce que les musulmans doivent comprendre.

Là où le Coran est supposément exempt de toute trace humaine, le Dieu de la Bible choisit de révéler sa parole à travers des individus, prophètes et apôtres inspirés. L’objectif est double : transmettre correctement cette parole à l’humanité tout entière et la communiquer de manière à ce qu’elle puisse être comprise par tous. Si le Coran est dépourvu de tout élément humain, comme il le revendique, il ne saurait atteindre ce deuxième objectif.

Le Coran reconnaît l’autorité de la Bible

Le Coran lui-même, considéré par tout musulman comme autorité suprême, reconnaît l’autorité de la Bible et son authenticité au moins jusqu’au septième ou neuvième siècle, comme l’attestent les sourates suivantes :

Dans la sourate Al Baqara 2:136, il est écrit qu’il n’y a aucune différence entre les Écritures qui précèdent le Coran et le Coran lui-même : « […] ce qu’on nous a révélé […], ce qui a été donné […] à Jésus : nous ne faisons aucune distinction entre eux. » Dans la sourate Al Imran 3:3-4, nous lisons : « Et Il [Allah] fit descendre la Thora [de Moïse] et l’Évangile [de Jésus] auparavant, en tant que guide pour les gens. » La sourate An-Nisa 4:136 va plus loin encore en exhortant les musulmans : « Soyez fermes en votre foi en Allah, […] et au Livre qu’Il a fait descendre avant. » Dans la sourate Al Ma-ida 5:46,47, les chrétiens sont encouragés à croire en leurs Écritures : « Et Nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donné l’Évangile […]. Que les gens de l’Evangile jugent d’après ce qu’Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. » Toujours dans la sourate Al Ma-ida 5:68, nous trouvons un appel similaire : « Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de VOTRE SEIGNEUR. »

La sourate 10:94 renforce encore cette idée d’autorité attribuée au Nouveau et à l’Ancien Testament. Elle conseille en effet aux musulmans de s’y référer en cas de doute à propos de leur propre texte : « Et si tu es en doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge alors ceux qui lisent le Livre révélé avant toi. La vérité certes, t’est venue de ton Seigneur: ne sois donc point de ceux qui doutent. » Comme pour donner plus de poids à ce conseil, il est répété dans la sourate 21:7 : « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous faisions des révélations. Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. »

Pour finir, il est demandé aux musulmans de ne pas remettre en question l’autorité des Écritures des chrétiens dans la sourate Al Ankabut 29:46 : « Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites: “Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous […].” »

S’il est une chose que nous devons retenir de ses sourates, c’est que le Coran défend clairement l’authenticité et l’autorité de la Torah et de l’Évangile en tant que révélations de Dieu. Les chrétiens croient de même.

En réalité, le Coran n’affirme nullement que les Écritures précédemment révélées aient été corrompues, ou encore qu’elles se contredisent. Les musulmans croient que le Coran est la version finale et exhaustive de toutes les révélations précédentes. Si tel était le cas, l’auteur n’aurait pas manqué d’avertir ses lecteurs en mentionnant les passages falsifiés. Nous n’en trouvons néanmoins aucune trace. Rien n’indique que la Bible ait été falsifiée ou qu’elle se contredise.

Certains musulmans s’appuient sur la sourate 2:140 (à propos des juifs) pour justifier la falsification de la Bible par les juifs et les chrétiens : « […] Qui est plus injuste que celui qui cache un témoignage qu’il détient d’Allah ? […] » Cet aya ne mentionne nullement une telle falsification. Il est simplement dit que certains juifs ont dissimulé le « témoignage qu’il[s] détien[nent] d’Allah ». Autrement dit : bien qu’ils aient choisi de le cacher, ils ont bien reçu ce témoignage. C’est la raison pour laquelle les sourates mentionnées plus haut exhortent les musulmans à respecter les Écritures plus anciennes. L’aya 140 ne fait donc que confirmer la crédibilité de ces Écritures, puisqu’elle affirme que la communauté juive détient le témoignage d’Allah.

Dieu ne change pas sa parole

Les Écritures chrétiennes et le Coran s’accordent à dire que Dieu ne change pas sa parole. Il ne change pas non plus sa révélation (bien qu’il existe un principe d’abrogation dans le Coran). Dans la sourate Yunus 10:64, il est écrit : « Il n’y aura pas de changement aux paroles d’Allah », affirmation que nous retrouvons dans la sourate 6:64 : « […] nul ne peut changer les paroles d’Allah […] », et dans la sourate Qaf 50:28-29.

La Bible affirme elle aussi l’immuabilité de la parole de Dieu : Deutéronome 4:1-2, Ésaïe 8:20, Matthieu 5:17-18, 24:35 et Apocalypse 22:18-20.

Ce thème est récurrent à la fois dans la Bible et le Coran. Il est donc peu probable que l’un des textes sacrés contienne de multiples contradictions. C’est pourtant ce que les musulmans soutiennent à propos de la Bible !

Que faire alors des contradictions que les musulmans affirment trouver dans la Bible ?

Analyse des contradictions

L’analyse de ces supposées contradictions montre que souvent, il ne s’agit pas d’erreurs mais d’une mauvaise interprétation du contexte ou de simples erreurs de copistes. S’il est facile d’expliquer les premières, les secondes exigent davantage d’attention. Nous savons que les livres de l’Ancien Testament ont été rédigés entre le 17e et le 5e siècle avant J.C. À cette époque, on utilisait des morceaux de papyrus qui se dégradaient rapidement et exigeaient donc d’incessantes copies. Nous savons aujourd’hui que la majeure partie de l’Ancien Testament a été copiée à la main pendant 3 000 ans, tandis que le Nouveau l’a été pendant 1 400 ans. Ces copies ne comportent pratiquement aucune modification, bien qu’elles aient été réalisées au sein de communautés distinctes, dans différentes régions et sur plusieurs continents.

De nos jours, nous disposons de manuscrits plus anciens encore qui nous permettent de corroborer ces vieux manuscrits. Nous avons accès à un grand nombre de manuscrits pour vérifier la crédibilité d’un texte. Pour le Nouveau Testament, nous disposons de 5 300 manuscrits grecs, intégraux ou fragmentés, 10 000 manuscrits latins (version Vulgate) et au moins 9 300 autres traductions anciennes. En tout, nous pouvons donc nous référer à plus de 24 000 copies de manuscrits intégraux ou fragmentés du Nouveau Testament. Un tel nombre facilite clairement la détection d’une éventuelle variation de verset. Lorsqu’elle existe, elle est identifiée, éliminée et signalée avec une note de bas de page sur la page correspondante. Cela n’affecte en rien l’inerrance de notre Bible telle qu’elle a été rédigée à l’origine.

Les chrétiens admettent l’existence d’erreurs de copistes dans les copies de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il est impossible de copier des pages et des pages d’un livre quel qu’il soit, sacré ou profane, sans que la plume ne dérape jamais. Cependant, il est une chose dont nous pouvons être certains : le manuscrit original de chaque livre de la Bible, directement inspiré de Dieu, était exempt de toute erreur. Ces manuscrits originaux, rédigés il y a fort longtemps, ont aujourd’hui disparu.

Les personnes (scribes ou copistes) chargées de réaliser les copies étaient enclines à deux types d’erreurs. Elles sont bien connues et documentées par les experts en la matière. L’une porte sur les noms propres (en particulier s’il s’agissait de noms étrangers), l’autre sur les nombres. En réalité, la nature de ces erreurs confirme qu’elles proviennent bien des copistes. Si les originaux comportaient des contradictions, elles apparaîtraient dans le contenu même des histoires. (Archer 1982:221-222)

L’essentiel reste cependant qu’aucune variation au sein d’une copie, aussi bien documentée soit-elle, n’a pu altérer la doctrine fondamentale de la Bible. C’est l’œuvre du Saint-Esprit. Il a veillé à ce que le texte soit correctement transmis et que le nombre d’écarts du texte original reste insignifiant.

Dieu n’a jamais promis qu’aucune erreur ne serait commise lors de la transmission des Écritures. L’inerrance concerne uniquement les manuscrits originaux qui seuls étaient inspirés. C’est pourquoi nous devons considérer la critique textuelle comme un moyen de détecter les erreurs qui se seraient glissées dans le texte au cours de sa transmission. Cette science ne fait cependant que corroborer l’étonnante préservation des textes hébreux et grecs. Nous pouvons légitimement affirmer, en accord avec la confession de foi de Westminster, que Dieu a préservé sa Parole de manière extraordinaire, et que les quelques erreurs constatées dans les copies n’entravent en rien son autorité.

De la même manière, aucune traduction ne peut être parfaite, et toute traduction est un voile supplémentaire jeté sur l’original. Néanmoins, un chrétien a aujourd’hui accès une panoplie d’excellentes traductions, du moins s’il est francophone, et ne peut douter que la Parole de Dieu véritable est tout à fait à sa portée. Tel est le verdict de la science linguistique. De plus, dans les Écritures, les vérités fondamentales sont répétées à maintes reprises, et le Saint-Esprit témoigne constamment de la Parole et à travers elle. Comment croire encore qu’une traduction sérieuse des Écritures saintes capables de rendre le lecteur « sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Tim 3:15) puisse en détruire le sens ?

Cela étant dit, nous allons maintenant examiner de plus près les exemples de « contradictions » évoqués par Shabir Ally dans son pamphlet. Voyons si les Écritures résistent à l’épreuve de ces accusations.

En répondant aux questions de Shabir Ally, nous, les quatre auteurs de ce document, nous sommes aperçus que son raisonnement contenait de multiples erreurs. Elles auraient été faciles à rectifier s’il avait pris la peine de regarder le contexte. Si les musulmans en général aiment tant soulever des supposées contradictions dans la Bible pourtant faciles à expliquer en contexte, c’est sans doute pour les mêmes raisons que lui. En effet, le Coran est structuré tout à fait différemment de la Bible. La notion de contexte est quasiment inexistante. Il y a très peu de récits et les passages se recoupent sans que les problématiques qu’ils abordent soient liées entre elles. Un thème similaire est repris et développé dans une autre sourate, avec des variantes qui frisent la contradiction (cf. les différentes histoires d’Abraham et des idoles dans les sourates 21:51-59, 6:74-83 et 19:41-49). Chercher des éléments de contexte pour comprendre un passage de son saint livre n’est donc pas une chose naturelle pour un musulman. On comprend mieux pourquoi ils ne prennent pas la peine de le faire pour la Bible.

À la deuxième page de son livret « 101 contradictions de la Bible », Shabir Ally écrit : « Tous droits autorisés. Veuillez copier ce livre et répandre la vérité. »

Nous, auteurs de cet article, nous sommes fait une joie de répondre à la demande de Shabir Ally. Nous n’avons pas recopié ses questions mot pour mot mais les avons reprises dans ce livret afin d’y apporter une réponse. En réfutant ses accusations, nous faisons exactement ce qu’il voulait : répandre la vérité ! La solidité du fondement de la Bible ne laisse aucun doute. Elle est la vérité.

Nous vous invitons, cher lecteur, à examiner les accusations de Shabir Ally à la lumière de notre défense.

Vous remarquerez que de nombreuses questions contiennent plusieurs réponses. Nous avons ainsi voulu montrer qu’il existe plusieurs manières de comprendre un apparent problème dans le texte biblique.